L’assiette a-t-elle un genre ?

À l’occasion des rencontres Charal MeatLab, Kantar Worl Panel, société spécialisée dans la connaissance du consommateur, a mené une étude sur les habitudes de consommation selon le genre.

L’étude utilise comme méthodologie le Wordpanel Food Usage dans l’otique d’une connaissance approfondie du consommateur. Pour cela, un carnet de consommation on line destiné à tous les individus du foyer a été proposé sur sept jours de consommation à domicile et emportée du domicile et ce, sur l’ensemble des marchés alimentaires. Unique pour quantifier les usages et attitudes, ce carnet de consommation hebdo on line a permis un tracking continu tout au long de l’année de 530 individus par semaine.

L’étude répond aux questions : Qui (âge et sexe, profil du foyer, nombre d’individus consommant, invités, maladies, pratique sportive), Quand (occasions de consommation, jours de la semaine, horaires, type de repas), Pourquoi (14 raisons pour le solide et 15 raisons pour les boissons), Comment (type de plat, mode de préparation, utilisation du produit, « fait maison » vs « tout préparé »), Avec quoi (associations de produits au cours de la même occasion), Où (à domicile, emporté à l’extérieur).

Il en ressort que les clichés « sexistes » sont confirmés par le tracking de consommation réelle. Ainsi, dans le top des catégories consommées pendant les repas, les légumes frais sont un peu plus présents dans les repas des femmes (106 %). À l’inverse, fromage, pain, viande fraîche, charcuterie, pâtes et vin sont plus présents dans les repas des hommes.

Différences et similarités entre hommes et femmes

Il ressort également de l’étude que la majorité des hommes et des femmes sont des consommateurs quotidiens de protéines animales (viande, charcuterie, poisson, produits de la mer, œufs et hors tout prêt) à 94 % : 6,4 fois par semaine pour les femmes et 6,5 fois pour les hommes. L’étude révèle que certaines protéines sont légèrement plus féminines selon la répartition hommes/femmes en pourcentage d’occasions. Ainsi les hommes de 16-34 ans consomment plus de viande fraîche que les femmes du même âge. L’écart est plus fort entre les hommes et femmes de 16-34 ans que chez les 35-49 ans.

Ces différences entre hommes et femmes se renforcent selon le type de foyer ou les tranches d’âge. Certains atypismes se développent chez les célibataires, mais s’atténuent dans les familles ou à la maison : quand on mange ensemble, on partage le même plat. Ainsi les femmes célibataires consomment plus de légumes que les hommes célibataires. L’écart est moins important entre hommes et femmes qui vivent en famille.

Pour autant, si l’on observe quelques différences dans les aliments consommés entre hommes et femmes, les drivers de consommation des repas restent quasi identiques. La recherche de variété est la première raison de consommation des recettes mangées en plat principal. Elle est citée dans 35 % des cas par les hommes et par les femmes.

La consommation  de viande de boucherie

Les hommes sont plus nombreux à consommer chaque semaine de la viande de boucherie et notamment du bœuf : 69,8 % des femmes consomment de la viande de boucherie en moyenne 2,4 fois par semaine quand 72,3 % des hommes en consomment 2,5 fois par semaine. Le bœuf est surtout consommé au déjeuner quel que soit le genre et représente même un poids du déjeuner un peu plus fort chez les femmes. Les plats avec une base viande sont surtout pour le midi tandis que le soir d’autres recettes sont privilégiées (soupe, salade, pizza, quiches, pâtes) où la protéine a plus un rôle d’ingrédient que de base.

L’étude révèle que certaines offres de bœuf sont à la marge un peu plus féminines (brochette, 5 % de matières grasses, faux filet de bœuf, viande hachée bœuf, tournedos bœuf, élaborées frais, carpaccio) ou à l’inverse plus masculines (pavé de bœuf, plateau grill/barbecue, rumsteack de bœuf, côte de bœuf, entrecôte de bœuf, tartare).

Quelques hypothèses peuvent expliquer ces atypismes de consommation. Les femmes se tournent un peu plus vers des offres plus légères, plus pauvres en matières grasses, plus tendres à manger, avec un goût de viande moins prononcé voire atténué par des assaisonnements et qui correspondent à des attentes plus fortes sur le contrôle de poids. A contrario, les hommes seraient un peu plus en recherche de pièces brutes, à de plus gros grammages, avec un goût de viande plus marqué, des offres plus viriles, plus « viandardes ». 

MR

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