Brown, Burn ou Bored ?

56 % des actifs trouvent l’attitude de leur manager motivante… Et quand le travail n’est plus motivant, quelles sont les conséquences ?

Nous avons ouvert l’année (cf. LR n° 189) sur un cadeau, un diagnostic de votre management sur lediag.net*. Je vous propose ce mois-ci de nous poser ensemble la question : que se passe-t-il pour ceux qui n’ont pas eu la chance de faire le diagnostic du management de leur entreprise ? Bien sûr, cela se ressent immédiatement sur la qualité de la production, de la relation client, du respect des process, des relations internes. Et du côté des salariés on parle souvent de BURN OUT, de BORED OUT et de BROWN OUT !

Le burn out vous connaissez déjà ! C’est avoir brûlé toutes ses cartouches. C’est l’épuisement professionnel. Il touche ceux qui voient un enjeu majeur dans leur travail. Le sens du service à accomplir, l’envie d’arriver à un but précis, de développement ou de carrière, la douce impression d’être indispensable au monde… Autant de bonnes raisons de « ne pas lâcher » quand ça ne se passe pas comme prévu, quand il faut tout régler en urgence, faire des sacrifices, et oublier de se ménager soi, en déléguant, en ayant des objectifs moins ambitieux, en prévoyant mieux les moyens, ou en sachant se trouver des moments et des équipes ressources…

C’est le processeur de votre ordinateur qui se met en panne volontairement pour laisser le système refroidir. Une opération d’urgence de l’inconscient, quand le conscient ignore ses limites physiques et cognitives, et met en péril la survie ! Alors on ne sait plus rien faire…

Le bored out est un concept plus récent

Le bored out, c’est l’ennui au travail. L’ennui parce que je me sens au placard (ou que j’y suis). L’ennui parce que je me sens sous-employé, pas en temps mais en compétences, en valeurs, en confiance, quand je ne me vois pas d’avenir dans mon entreprise… L’ennui parce que je ne vois pas à quoi sert mon travail, je suis un maillon de la chaîne et je n’en vois pas le résultat final, à quoi cela a servi concrètement, le voir, le toucher… C’est aussi la perte de sens dans son travail… À quoi bon tout cela ! C’est aussi le présentéisme. Le fait de se sentir obligé de rester et de « faire des heures » parce que, sinon, « ça serait mal vu ». Cela arrive fréquemment chez les cadres dont les collaborateurs ne perçoivent pas clairement la fonction managériale, sa raison d’être, le travail concret que cela suppose… et surtout ne voient pas l’apport de leur manager. 

De nombreuses autres raisons sont possibles pour rester à son travail sans pour autant être productif. Le détecter, c’est faire un premier pas vers la résolution du problème…

Le Brown Out est le tout dernier né de la lignée. Vous connaissez peut-être l’émoticône qui remporte un succès mondial sur les réseaux sociaux : le « caca licorne ». Il y a aussi sa version plus brute, Brown comme marron… Bref, le Brown Out c’est avoir un métier de m…

L’expression est maintenant très répandue parmi les travailleurs français. Cela recouvre aussi bien les métiers sans valeur ajoutée visible pour l’employé : une hôtesse « plante verte » dans un salon professionnel. Ou un métier peu gratifiant. On pense évidemment à tous ceux qui ont à faire à des réactions violentes, policier, huissier, agents de l’ordre… et aux métiers qui doivent traiter nos déchets divers et variés. Julien Brygo et Olivier Cyran (« Boulots de merde », La Découverte) prennent aussi comme exemple ces gardiens de sécurité chargés d’intercepter les migrants à la frontière.

Les boulots sans perspective

Initialement le concept de « bullshit jobs » est arrivé par David Graeber, anthropologue, dont les études conduisent à dire que, aux États-Unis, « 37 % à 40 % des gens sentent que leur métier n’a pas besoin d’exister ». Il parle là en fait de « boulot à la con », un travail qui n’a aucun sens pour le salarié.

Ces métiers, ou plutôt ceux qui ont le sentiment que leur travail est « à la con » voient s’amplifier, négativement, tous les phénomènes en lien avec le burn out et le bored out. Bref cela vient ajouter un peu plus de perturbation dans la recherche de la performance et de la santé au travail. Mais c’est pourtant une réalité de nos organisations qui, à force de gagner du temps, n’ont plus de temps pour rien et malheureusement pas pour l’essentiel.

Et pour nos entreprises réunionnaises ? Au-delà des boulots « parce qu’il faut bien vivre », qui n’a pas eu le sentiment que son rapport ne serait lu ou considéré par personne ? D’avoir eu des objectifs inatteignables ? Nos collaborateurs voient-ils concrètement l’aboutissement de leur travail ? Comme nous l’évoquions le mois dernier, nous pensons souvent, nous les cadres, que nos collaborateurs voient le sens du travail qu’on leur donne, comprennent le sens des contraintes qui leurs sont imposées…

Et pourtant 61 % des actifs disent qu’ils réalisent des tâches qui parfois ne servent à rien (source le diag.net).

Y a-t-il encore des tâches qui pourraient être automatisables dans votre service ? Des procédures à double ou triple sécurité ? Bref, allons-nous à l’essentiel dans le travail ? Notre attention est-elle attirée par la perfection d’une organisation, comme nos standards techniques, nous y invitent ? Sommes-nous vraiment orienté client ? Le client externe, celui qui paie, mais aussi le client interne, celui qui a besoin de moi…

C’est déjà la tendance de notre société, de plus en plus de service à distance nous sont proposés pour alléger notre quotidien des tâches sans valeur ajoutée… C’est le drive, la pizza à domicile, le service de repassage… Combien de nos entreprises réunionnaises utilisent les gains de temps obtenus par les automatisations informatiques pour en faire un temps de développement du sens au travail, de temps d’échanges dans les équipes, de création, de régulation… Est-ce une priorité ? Qu’en pensent nos collaborateurs ? Les relations au travail, et le rapport que chacun de nos collaborateurs nourrit face à son travail, est-il stratégique pour votre entreprise ?

Conseil en Management et Psychologie du Travail Coach professionnel. Tel. 0692.617.30
Courriel : yves.teillac@reunionportage.com
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