Soboriz garantit l’authenticité et la sécurité alimentaire des riz basmati transformés dans son usine du Port

Dénonçant la concurrence déloyale et le risque sanitaire que représentent les riz emballés importés, le leader du riz blanchi localement, avec 35 % de part de marché, joue la carte de la transparence totale en présentant les résultats d’analyses menées sur ses produits et sur les produits importés.

Première rizerie à la Réunion, Soboriz importe 18 000  à 19 000  tonnes de riz par an, pour produire 15 000 tonnes de produits finis à travers le process industriel de son usine du Port. Sept variétés de riz y sont travaillées toute l’année.

Patrick Barjonet, Responsable d’Exploitation

Partant du constat que les riz provenant d’Inde et du Pakistan présentent des risques particuliers, Soboriz a mis en place des contrôles renforcés pour tous ses achats de riz basmati. Elle missionne une société de contrôle indépendante, qui échantillonne le riz dans le pays d’origine, et le consigne dans l’attente des résultats.

« Les échantillons partent en Allemagne ou à Maurice dans un laboratoire agréé. Celui-ci vérifie la conformité de l’ADN, du taux de pesticides et d’aflatoxines. Si le produit n’est pas conforme, nous refusons le lot et demandons à la société de contrôle d’échantillonner un nouveau lot » explique Patrick Barjonet, le Responsable d’Exploitation, en charge également des achats.

Chez Soboriz, les contrôles continuent à la réception de la matière première, puis durant son usinage, et enfin sur le produit fini, à la sortie de l’atelier de conditionnement.

Les Réunionnais consomment en moyenne 50  kg de riz par an et par personne. Même si ce chiffre baisse depuis plusieurs années, il est 11 fois supérieur à la consommation des Européens, qui est de 4,5 kg par an. « Dans ce contexte, nous estimons indispensable de proposer un riz conforme aux règlements européens qui garantissent un produit sain et sincère au consommateur » renchérit Marc Gautheron le Directeur Général.

La sécurité alimentaire garantie

Agnès Lebreton, la Responsable Qualité

À La Réunion, les contrôles continuent à la réception de la matière première, puis durant son usinage, et enfin sur le produit fini, à la sortie de l’atelier de conditionnement. Son système qualité a permis à l’entreprise d’obtenir depuis 2017, le label IFS Food, qui garantit la sécurité alimentaire de ses produits. « Remise en cause tous les ans, cette certification nous place dans une démarche d’amélioration continue de la qualité et nous aide à garantir au consommateur un produit sain et loyal » explique Agnès Lebreton, la Responsable Qualité.

« Ces précautions ont des conséquences sur nos approvisionnements, précise Patrick Barjonet. Nous arrêtons de travailler avec les fournisseurs qui ne parviennent pas à respecter notre cahier des charges. Et les refus répétés de lots, suite à nos contrôles, nous ont parfois mis en rupture de stock. Sur certaines provenances, il est même devenu nécessaire de nous approvisionner en qualité bio pour rester conforme aux règlements européens sur les pesticides. »

Les riz importés non réglementaires

Confrontée à ces difficultés d’approvisionnement, l’entreprise a voulu savoir comment procédaient ses concurrents importateurs de riz de négoce.

 « Depuis 2018, nous avons fait analyser 19 riz basmati importés, non transformés à la Réunion. Aucun de ces produits, prélevés dans les points de vente réunionnais, n’était conforme à la règlementation » affirme, résultats à l’appui, Marc Gautheron. « Les normes sanitaires de l’UE sont souvent mal ou pas du tout appliquées dans les pays exportateurs, et certains négociants ne contrôlent pas suffisamment la qualité ni la loyauté des produits qu’ils commercialisent à la Réunion. »

Les teneurs résiduelles en pesticides sont strictement limitées par la réglementation. Elles sont régulièrement revues à la baisse pour préserver la santé du consommateur. Il en est de même pour les aflatoxines, mycotoxines potentiellement cancérigènes produites par certaines moisissures proliférant notamment sur des graines conservées en atmosphère chaude et humide. « Nos clients veulent consommer mieux et être sereins sur la sécurité et l’authenticité des produits qu’ils consomment. Surtout s’agissant d’un aliment de base comme le riz. Nous faisons ce qu’il faut pour le garantir ».

Marc Gautheron : « Un riz basmati doit respecter les normes » 

Le directeur général de Soboriz met en lumière les pratiques frauduleuses.

Marc Gautheron, directeur général de Soboriz

Pouvez-vous donner un exemple des difficultés d’approvisionnement auxquelles Soboriz est confrontée ?

Sur certaines références indiennes comme le basmati traditionnel et le pusa 1121, nous importons désormais des matières premières bio parce que dans ces deux variétés plutôt haut de gamme, nous ne trouvons plus de lots réglementaires. Nous ne l’indiquons pas sur nos paquets parce que le riz a été transformé (blanchi) dans notre usine, qui traite d’autres variétés conventionnelles, et nous n’avons pas encore demandé la certification bio de notre production. Mais nos paquets contiennent bien du riz produit à partir de matière première bio. Parallèlement, nous achetons et vendons des riz bio conditionnés dans des usines certifiées, mais c’est du négoce pur. Nous appliquons à ces produits finis les mêmes contrôles que sur notre production.

Vous êtes particulièrement ferme sur les riz basmati. Pourquoi ?

Nous constatons régulièrement des riz s’affichant basmati qui sont constitués de mélanges contenant moins de 50 % de riz basmati, alors que les textes exigent 93 % de pureté variétale. Il y a bien sûr des riz à 1 €/kg pour lesquels les analyses sont inutiles (actuellement, un riz à 1 €/kg ne peut pas être basmati), mais il y a surtout des produits de grandes marques importées, vendus chers, et qui ne sont pas basmati !

Quelles ont été les analyses pratiquées sur les riz basmati importés emballés et qu’ont-elles révélées ?

Les trois principaux points analysés sont l’ADN, les aflatoxines, et les pesticides. Depuis deux ans, nous avons analysé 19 riz Basmati de négoce (importés déjà blanchis et emballés). Pas un seul n’était conforme à la réglementation. Dans 14 cas sur 19, les taux de pesticides étaient supérieurs aux réglementations européennes. Dans 14 cas, le riz n’était pas du Basmati. Dans cinq cas, le niveau des aflatoxines présentait un danger pour la santé. Les dernières analyses réalisées sur des marques importées très connues datent du mois d’octobre 2019. Encore une fois, aucun n’était conforme sur les 3 critères.

C’est un fait grave. Comment mesurez-vous l’impact de ces pratiques et comment réagissez-vous ?

Il y a trois aspects dans cette affaire : tout d’abord c’est une tromperie envers le consommateur. Ensuite c’est de la concurrence déloyale : le coût de revient d’un riz contenant 50 % de riz Basmati n’est pas le même que celui d’un riz basmati conforme. Nous sommes incapables de lutter avec nos produits authentiques. Mais en fin de compte, le plus grave c’est le risque sanitaire : un Réunionnais consomme 50  kg de riz par an ! La santé des consommateurs est en jeu. La DIECCTE a été prévenue en 2018, et des mesures seraient en cours contre les importateurs de ces produits frauduleux.

MR


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *